Le 30 mai. Les mains dans les rameaux
qu’on rabat, qu’on relève entre les câbles et qui filent à vitesse grand V (1 mètre en une semaine), les voilà… les fleurs de vigne. La bonne nouvelle se répand vite, car la fleur, si discrète soit-elle, exhale un parfum reconnaissable entre mille : de tilleul, pollen ou fleurs des champs… Un parfum qui sonne le compte à rebours du moment le plus tumultueux de l’année. Sortez seaux et vendangettes : rendez-vous mi-août pour l’annuelle
cueillette.
La nature court dehors, et en cave, nos vins à l’élevage suivent tranquillement leur cours. Les Épineuil et la Côte de Grisey goûtent délicieusement bien, essais d’assemblages, et dès le lendemain Antoine soutire les 230 fûts de chêne de la grande cave. Quelle matière ! Pourpre et pleine d’éclat, comme un jus de cerises noires. Juliette et Dannots attendront encore un bon mois dans les tonneaux.
Et puis, on entend les premiers piaillements depuis les nichoirs. Quelques matinées en famille pour s’occuper de notre toute jeune plantation d’arbres truffiers. Baigné de soleil et de chants d’hirondelles, le vallon reste bien arboré : des arbres isolés qu’on préserve, des vergers en voisinage, quelques haies autour des parcelles… Il y a encore à faire pour la biodiversité, mais je crois qu’on peut déjà se le dire haut et fort :
Elle est pas belle, la vigne ?
votre vigneron,
Dominique Gruhier
